retour à la page d'accueilclio.coleumes.org/Commentaire d'un extrait du Bulletin de la Société générale d'Education et d'Enseignement sur le thème ``Les catholiques et la laïcité à l'école primaire'', septembre 1886

Avertissement : Je déconseille à tout étudiant en Histoire, ayant un travail de même nature à réaliser, d'utiliser ce travail comme base de travail. Pas que je considère ce travail comme mauvais, pas qu'il ait été considéré comme mauvais par l'enseignant-chercheur l'ayant sanctionné, mais tout simplement parce que les savoirs mis-en-branle pour l'élaborer sont des pré-requis en Sciences Humaines et que leur acquisition est empirique. Ceci étant précisé, il me semble que l'Université est un lieu de formation pour adultes ; c'est donc à chaque étudiant d'agir en tant que tel, de prendre ses responsabilités, d'agir selon ce que son intelligence lui dicte.



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Introduction

1) L'instituteur comme figure morale
1.1) Un profil type ?
1.2) L'instituteur au sein des structures locales
1.3) L'instituteur au sein des structures étatiques

2) La sécularisation au travers l'éducation
2.1) Les structures éducatives
2.2) Le contenu éducatif
2.3) Esprit des lois et réalité des Deux France

Conclusion

Bibliographie

Figure: Les radicaux aux élections du 26 avril 1914 d'après Néant (Hubert), 1991, p. 122.
\includegraphics[]{commentaire-p1886-laicite_a_l_ecole_primaire-radicaux_en_1914.eps}

Plan détaillé

Introduction
1) général L'éducation en tant qu'élément constitutif de nation est apparement une innovation du XIXème siècle. Sans doute du fait du concept de nation même, reposant sur l'idée d'une cohésion dépassant la sujétion (opp. ancien régime), reposant sur l'idée d'une culture commune.


2) auteur Bulletin de la Société générale d'Éducation et d'Enseignement


3) nature Texte critique, naturellement emprunt de principes religieux. Communication interne (adhrérents) et externe (public)


4) contexte


5) Du fait du contexte, le texte aborde principalement le cas de l'instituteur. Dans une perspective plus large -> discussion sur le projet éducatif de la IIIème République.
Quelle est la vision de l'instituteur de la part des catholiques ? Quelle est leur impression globale sur l'éducation proposée ?
6) Présentation du plan

1) L'instituteur comme figure morale

Doc. qui illustre l'importance de la morale de l'éducateur.


1.1) Un profil type ?

« non pas qu'ils soient tous des athées » (l.4) : première phrase, premier constat = division confessionnelle, élément clef de discorde nationale (athéisme, déisme, protestantisme...) -> instits.

Correspond à une réalité : Statistique de l'Enseignement primaire (du Ministère de l'Instruction Publique)4 1876-1877 (10 avant les faits - renouvellement massif peu probable) :

Indicatif, just. chiffre : en 1906-1907, après Combes et la loi Goblet : reste 5 % (de 160 465 instit.)

Aussi, parle d'être « athée », il n'est pas certain qu'un instit. laïc le soit pour autant.

L'instit. doit « exhorter [...] les enfants à se souvenir qu'ils ont à rendre compte [...] de leurs actions, de leurs pensées » (l.5-7)

Rôle moral fort. Non démenti par les Républicains : Ernest Lavisse, agrégé d'histoire, rédige un Manuel d'Histoire en 1876, réédité en 1884, destiné au primaire. Un texte en a été extrait par le journal L'Instruction Primaire en 1883, fournit par le ministère aux instituteurs (donc voix très officielle)5 :

« On peut [...] honorer [la patrie ...] par l'amour du travail, par l'honnêteté, par le respect du droit des autres. »


1.2) L'instituteur au sein des structures locales

rôle moral = vis-à-vis de la communauté dans laquelle l'instit. s'insère. Donc jugé et observé par cette communauté...

« ils vivent dans une sainte terreur d'être dénoncés » (l.4-5), ils risquent d'être « dénoncés » (l.21), « impitoyablement révoqués » (l.25).

L'auteur tait le rôle du curé (logique) et du maire ici.

Instruction donnée en 1881 aux enseignants laïcs6 : ne pas aller au café, ne pas manger à la table commune de l'auberge ; son logement doit être exemplaire en terme de propreté...

L'auteur ne précise pas d'où vient la pression morale, « la sainte terreur » (sur l'instit) -> se focaliser sur l'instit. ainsi, c'est pourtant participer de cette dynamique.

Ex : si l'instit. risque d'être « dénoncé » pour sa laïcité (v. l.20) <= position que l'auteur ne renierait pas. (Paradoxe)


1.3) L'instituteur au sein des structures étatiques

L'auteur s'axe sur le poid du l'inspecteur d'académie et du préfet : « dénoncé par l'inspecteur et déplacé par le préfet » (l.21-22).

Rôle peu reluisant, accordé à ceux qui sont, en fait, les représentant de la structure étatique de laquelle dépend l'instit.

Le préfet, comme toujours aujourd'hui est représentant de l'Etat dans les régions, fonctionnaire politique.

L'inspecteur, fonctionnaire universitaire, est totalement subordonné au premier.

Pouvoir indéniable7 : loi impériale du 14 janvier 1854, nomination et peines disciplinaires sont entre les mains du préfet, sur rapport de l'inspecteur.

Problème réel, plaie de l'institution primaire public de l'avis même des amicales des Instituteurs : arbitraire dans l'attribution des postes, déplacements d'office.

Dans De la nomination des instituteurs, Cuissart8 dénonce « l'omnipotence » du préfet sur l'inspecteur. La loi Goblet de l'année 1886 confirmera cette hierarchisation.

Critique à plusieurs aspects : critique du fonctionnement de l'inspection, substitué aux conseil municipaux et conseils de notables ; critique du régime politique sur un plan formel ; critique du régime sur un plan idéologique.

Un portrait assez critique de l'instit = exigeances importantes, reconnaissance d'une position complexe => trame d'un discours idéologique de fond... le combat contre la sécularisation.

2) La sécularisation au travers l'éducation

Lutter contre la sécularisation = logique même dans l'élan chrétien à vocation universaliste. Avoir sa pratique ne suffit pas, il faut la diffuser ; ceci explique l'apostolat.

Pour l'auteur, éducation = vecteur de sécularisation à combattre.

Présenter sous-parties + instit = constitutif de la structure, artisan du contenu.


2.1) Les structures éducatives « l'athéisation brutale et sans phrases » (l.12) passe par un changement des structures (intro, loi sur les constructions scolaires).

Ex: prévu qu'il n'y ait plus « les crucifix [...] en place » (l.17).

Locaux, et personnel (hierarchie, instit selon la loi Goblet bientôt en applic.)

A nouveau « athée » en lieu et place de « laïc » : probab. procédé pour inquieter le lectorat.


2.2) Le contenu éducatif

Naturellement clef, distinction par rapport aux Rép. sur « les devoirs envers Dieu » (l.3).

Paradoxe : amendement de Jules Simon sur la loi sur la laïcisation du programme : « envers Dieu et la patrie »9. Débat, finalement : pas de mention de Dieu dans la loi mais dans les programmes => idée que la religion reste un ciment national.

Paradoxe à l'origine même : ironie sur l'application du programme « ne prononçent guerre le nom de Dieu qu'en courant » (l.1-2), juron...

Quant au « cathéchisme [... qui] s'enseigne trop ouvertement » (l.19) = selon la loi = une matière facultative (cas Alsacien : au collège, les parents doivent signer une dispense d'éducation relig.)

Evidemment, importance de la relig. dans l'éducation : « la prière est [...] le signe caractéristique qui sépare l'espèce humaine des animaux » (l.5-9) = pensée non laïque : déni de l'humanité d'un être pour un motif religieux : traduit divergeance en Rép. et l'auteur.


2.3) Esprit des lois et réalité des Deux France

Des « parties de la France [...] très catholiques » (l.14-15) : division, hérit. partiel de la Révolution.

Exemple : la Vendée (l.24) zone très catholique : évoc. des Guerres de Vendée, catholiques et royalistes contre révol.; agitation suite à la Constitution civile du clergé en 1790 (beaucoup de réfractaires en Vendée) ; agitation en 1815 ; tentatives en 1832 de la part d'une certaine noblesse => image d'Epinal de la région très catholique.

Exemple : le Midi et l'Est (l.23) zone très laïque : les résultats (voir carte) des radicaux aux élections de 1914 en donne une idée (justification de la carte :radicaux successeurs idéologiques des courants libre-penseurs ; religions ancrées profondement, évolutions lentes... donc représentativité)

Situation expliquant que « la loi s'applique beaucoup plus suivant son esprit que selon sa lettre » (l.10-12) et que la loi est laissée « lettre morte » (l.17) dans les régions très catholiques.

En soit pas choquant, une loi n'est pas une finalité mais l'expression d'un esprit. Si l'esprit passe sans la loi, ce n'est pas problématique.

Aussi, la loi Goblet comme la plupart des autres loi du genre = délais d'application prévus.

L'intérêt de cette remarque pour l'auteur = présentation d'une diffusion de la loi de manière insidieuse, une « athéisation qui fait tache d'huile » (l.29).

Là encore = communication interne, avertissement aux autres catholiques.

Pour l'auteur, il y'a donc une déchristianisation progressive, passant par une évol. des struct. éduc. et du contenu éducatif.

Conclusion

(objet : Quelle est la vision de l'instituteur de la part des catholiques ? Quelle est leur impression globale sur l'éducation proposée ?)


1) l'Instituteur


2) La sécularisation

Sur le feu... La loi Goblet boucle la laïcisation de droit.

L'auteur pense comme ses adversaires que l'éducation à un rôle majeur pour l'avenir.

Et l'esprit de ces lois pour l'auteur est « la déchristianisation de la France » (l.29), ce qui rejoint son emploi du mot athée (en lieu et place de laic) : dans les faits, tous les Républicains ne pronent pas une laïcité de combat ; la tendance en 1886 est à la laicité de droit (contrairement au combisme plus tardif).

Même si à terme, la déchristianisation est visée, ce n'est pas (encore) de manière autoritaire.



_________________________

Notes de bas-de-page :

... légale »1
Ozouf (M.), 1982, p.245
... dévoués »2
Circulaire du 4 avril 1811 adressée aux recteurs, cité par Gaillard (J.-M.), 1996, p.29
... primaire »3
cité par Gaillard (J.-M.), 1996, p.31
... Publique)4
citée par Ozouf (M.), 1982, p.233
... officielle)5
cité par Caron (F.), 1985, p.391
... laïcs6
cf. Ozouf (M.), 1982, p.127
... indéniable7
Ibid. p.234
... Cuissart8
Ibid. p.235
... patrie »9
Ibid. p.73


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