Introduction
1) Jean-Frédéric Oberlin, un citadin
1.1) Le « savant »
1.2) Le « brave ministre »
1.3) Le « calomnié »
2) Urbaniser « cette contrée sauvage »
2.1) Connaître
2.2) Aménager
3) Éduquer « les paysans »
3.1) Toucher les plus jeunes
3.2) Proposer une certaine diversité
3.3) Penser utile
Conclusion
E. B
ERNARD, B
RACK, ``Le Pont de la Charité''
in
L'Essor, revue des Anciens du Cours Complémentaire de Shirmeck,
numéro 50, avril 1959.
B. K
ELLER,
Pasteurs et Juifs en Alsace au XVIIIème siècle.
C. L
EENHART,
Vie de Jean Frédéric Oberlin, Paris-Strasbourg, Berger-Levrault, 1911.
E. P
SCZOLLA,
Johann Friedrich Oberlin, Gütersloh, 1979.
P. G
OUBERT, D. R
OCHE,
Les Français et l'Ancien Régime, t2 culture et société, Paris, 1984.
Introduction
1) général
Connaissant les rapports Ville/Campagne sur le plan économique, on
peut s'interroger sur l'articulation de ces même rapport sur un plan culturel.
2) nature du doc.
Extrait d'une relation manuscrite du voyage de l'abbé Grégoire dans
les Vosges datant de 1787 -> Ordre venu de Paris de créer une
assemblée municipale composée du délégué du seigneur, du pasteur est 9
notables.
Abbé Henri Grégoire, né 1750 à Velho (lorraine) -> collège de Jésuite à
Nancy. Devient curé à Emberménil. Inspir. lumière Essai sur la
régénération physique morale et politique des juifs. A posteriori
du texte, -> demande rattachement Bas-Clergé au Tiers-État.
Document portant sur les travaux d'Oberlin.
3) contexte
- spatial : paroisse du Ban-de-la-roche dans la vallée de la
Bruche où Oberlin est en charge.
- temporel : approche de la Révolution, idées nouvelles des
Lumières diffusées.
4) Qui est Oberlin ? Dans quelle mesure ce document témoigne
des rapports ville/campagne à l'époque moderne ?
5) Présentation du plan
1) Jean-Frédéric Oberlin, un citadin
Né à Strasbourg rue de l'outre, 31 août 1740,
baptisé à Saint-Thomas (dite la cathédrale du protestantisme alsacien)
le 1er septembre (le lendemain, mort. infant. importante)
1.1) Le « savant »
l.2 « le savant », l.24 « très actif, très instruit »
- hérédité : père professeur au Gymnase
- 1755 reçu à la faculté Protestante de Strasbourg
- 1762 devient percepteur chez les Ziegenhagen > rudiments de médecine
- 1763 achève son doctorat de Philosophie (thèse sur le système
de Leibniz), étude de Théologie
- 1766 achète une collection d'objets d'histoire naturelle et
fonde un cabinet
- 1777 relations avec l'Institut d'éducation de Basedow
Pluridisciplinarité : théologie, philosophie, médecine, biologie,
pédagogie.
Intérêt pour le spirituel comme pour le matériel.
Né à la ville, formé à la ville, pensées de la ville.
1.2) Le « brave ministre »
l.3 « le brave ministre » -> pasteur, curé protestant (luthérien)
Engagement religieux dès 1760 -> rédaction de son acte de
consécration à Dieu (à 20 ans)
En 1767, accepte une mission d'aumônier militaire (rég. fr. Royal-Alsace) -> Le pasteur Stuber
part à Saint-Thomas (Strasbourg) -> place vacante à Walbersbach -> Oberlin
devient ministre du culte au ban de la Roche
1770 renouvellement de son acte de consécration à Dieu
Du succès l.4 « la confiance de ses paroissiens ».
Travail interprété comme l.11 « éducation des campagnes », l.11, esprit
paternaliste l.16 « une attention paternelle »,
bonnes moeurs : modèles peu nombreux mais l.15 « dans quelques villes »
1.3) Le « calomnié »
l.3 « on a calomnié ses moeurs », l.4 « noirceurs de l'imposture »
1786 reproches faits à Oberlin : favoriser l'immigration, soutenir des
juifs -> selon Leenhart, effectivement accueil d'un juif malmené.
février 1779, rédaction d'un texte théologique prônant tolérance.
Plait à l'abbé l.7-8 « ecclésiastiques zélé pour le bien » -> homme
des lumières (opposé à l'esclavagisme etc) -> cohérent qu'Oberlin soit
pour lui l.31 « homme estimable »
2) Urbaniser « cette contrée sauvage »
Améliorer le cadre, le civiliser...
2.1) Connaître
l.12 « cette contrée sauvage du Ban-de-la-Roche »
Région de la vallée de la Bruche enclavée l.27 « chemin de
communication [...] en très mauvais » -> défavorisée économiquement ->
défavorisée culturellement
Paroisse du Ban-de-la-Roche : 5 villages, l.25-26 « comprend sept à
huit villages ou hameaux »
Oberlin l.24 « à dressé, gravé et imprimé la carte de son petit
canton » : volonté d'identifier son univers ; connaissance en
imprimerie (rejoint partie 1)
2.2) Aménager
Connaître son environnement = 1ère étape.
2ème étape, l'aménager et le désenclaver. l.29 « mis la main au
travail [...], ses soins ont procuré des chemins praticables ».
Pont du Trajet sur la bruche : en bois, cause d'accident -> remplacé
par le Pont de la Charité -> initiative d'Oberlin. (postérieur 1793)
Aussi : l'assainissement de rues, aménagement de l'intérieur, de
fosses à fumier, introduction du trèfle de Hollande, pomme de
terre....
3) Éduquer « les paysans »
Aménager le territoire ne suffit pas à une évolution durable.
l.12 « un bon sens si développé, une délicatesse de sentiments, une
politesse aimable, des moeurs pures »
3.1) Toucher les plus jeunes
l.17 « la plupart des enfants » -> éduque les plus jeunes.
1770 avec Sarah Banzet -> premières écoles maternelles « écoles à tricoter »,
« poêles à tricoter » (-> poêle, dans la pièce principale des
maisons alsaciennes trad.) confiée à des « conductrices d'enfances »
Ludique pour capter l'attention des plus jeunes (âge de réceptivité)
l.19 « amusement honnête » -> s'attaque problème social du
désintérêt, manque de temps des parents pour ces jeunes enfants
(aussi, détachement affectif relatif au risque de décès).
3.2) Proposer une certaine diversité
Dans ces petites écoles : pédagogie de l'éveil
l.19 « peindre des fleurs », l.21 « botanique » : découverte de
l'environnement, méthode empirique chère aux Lumières. Voir herbier,
joint au texte.
l.46 « principes de dessin » : éveil aux représentations physiques
n'en parle pas, mais tricot aussi (d'où le nom)
n'en parle pas non plus : apprentissage de langue française... -
aimable aux yeux de l'abbé (pendant Révol., opposé aux
patois). Rédaction d'un Alphabet méthodique pour faciliter
l'art d'épeler et de lire en Français.
3.3) Penser utile
Pensées utilitaire, typique des lumières : éveil qui l.18 « leur
facilite l'apprentissage des métiers » ; connaissances l.23 « nécessaires
pour les remèdes usités par les campagnards »
Ne pas perturber les activités prof. où les enfants sont requis l.19-20
« n'empiète pas sur le travail dans une paroisse où la fainéantise
est honnie »
-> mise en pratique et apport du savoir du citadin à la campagne.
Conclusion
1) Savant et ministre du culte J-F Oberlin fait partie d'une
élite sociale et culturelle.
2) Urbanise Pousse sa vallée à se rapprocher de la ville,
mettant en application ses connaissances.
3) Éduque Pousse ses paroissiens à se rapprocher
culturellement de la ville, leur offre ses connaissances acquises à
la ville. Évangélise tout en éduquant.
Reste : un cas particulier.
- Pas ultra dogmatique, se revendiquant
« catholique-évangéliste »
- S'il est l.9-10 « une leçon et un reproche à beaucoup de curés
catholiques ainsi qu'à beaucoup de ministres protestants » ->
nécessairement un cas rare
Aussi : impression de mission apostolique, du citadin, au sein d'une
communauté de sauvage, les ruraux -> l.14 « moeurs pure, dont on
trouverait peu de modèles dans les villes », critique aussi des
moeurs des villes qui sembleraient définitivement corrompues -> le bon
sauvage, au bon fond, qu'il ne reste qu'à éduquer ?